La Sicilienne

Mais pour le trou sous le tas de bois, on l’a su qu’après …

Les voisines se plaignaient des odeurs et du chien. On a fini par enfoncer la porte. Le vieux était dans la cuisine. Il séchait doucement devant sa télé allumée. Il tenait encore sur sa chaise, la tête collée dans une assiette de pâtes et de sang. Ça grouillait d’asticots. Ce coup-là, on était obligés de prévenir.

Jovilliers a déboulé sur son vélo. Il n’était pas connu le moustachu, à l’époque. C’est après qu’on l’a décoré commissaire. Nous, on venait de finir le corniaud. C’était normal, il avait goûté au pépère en lui bouffant la moitié des guiboles. On avait rendu service en attendant. Jovilliers a gueulé tout de suite. Il a pris nos noms et nous a foutus dehors. On aurait bien rangé avant, tout était retourné, ça faisait désordre, mais bon…

On regardait par la fenêtre. Ça prenait des photos et ça mesurait partout. Lui, il fouinait ailleurs en suçant ses bonbons. Il a repéré le portrait, celui dans la Mustang avec les femmes du village. On aurait mieux fait de le retirer tout de suite, ça nous aurait évité des emmerdes. Elles avaient toutes écrit derrière. Enfin, presque toutes.

Après, il a trouvé la casserole. Il est venu vers nous en mâchouillant son crayon. Il voulait poser des questions. Ah ! Y faisait plus le malin ! Il était trop content de nous avoir sous la main ! En passant, il a pris le courrier. Il nous a montré la carte signée « Violetta ». Ça faisait un bout de temps qu’on voyait plus la Sicilienne. On lui a dit, il a toussé. Ça a eu l’air de l’intéresser. Il s’est gratouillé le nez, il a sorti une pomme de sa poche et il est retourné à l’intérieur en bougonnant. Et là, il a trouvé les p’tiots dans la cave de derrière, celle où y’a le puits. Mais pour le trou sous le tas de bois, on l’a su qu’après.

Il est ressorti pour l’apéro. Il nous a suivis chez Marcel. On a bu des ricards. On a trinqué. Pas lui. Il a voulu un thé, ça agace ! Après, on a mangé et il nous a parlé des autres. Nous on savait rien, du moins, c’est ce qu’on a dit.

Ce texte très très court est inspiré de la nouvelle « Violetta »

Séance de dédicaces du samedi 13 juin 2020

Séance de dédicaces du samedi 13 juin 2020 à la Librairie Commercienne

Merci à la Librairie Commercienne et aux lecteurs qui ont fait le déplacement pour venir retirer leur exemplaire. Malgré les dispositions à prendre pour le respect des gestes barrières, ce fut un moment fort sympathique et l’occasion de quelques retrouvailles. Bienvenue aux personnes qui se sont abonnées à mon site auteur après notre rencontre de ce matin!

Séance de dédicaces samedi 13 juin 2020 à Commercy


La librairie commercienne m’accueille à l’occasion de la « 22e fête de la librairie indépendante ». Initialement prévu le 25 avril, cet événement a été décalé au samedi 13 juin à cause de la pandémie. Si vous êtes près de Commercy ce jour-là, n’hésitez pas à entrer, toutes les dispositions seront prises pour le respect des gestes barrières.
Pour ceux qui habitent trop loin, s’adresser à votre fournisseur habituel. Librinova assure une diffusion très large et on peut facilement commander le roman.

Commentaires / Babelio et Librinova

J’ai le plaisir de partager auprès de mes abonnés ces deux avis que j’ai trouvés très motivants. Ils sont aussi fort utiles pour faire connaître le roman. Si vous l’avez lu, n’hésitez pas à en déposer un sur une plateforme où il est présenté, par exemple leslibraires.frCulturaAmazon

SUR BABELIO :

SUR LIBRINOVA :

BONNES NOUVELLES !!!

En livre broché : Disponibilité immédiate dans les librairies suivantes:

Entrée Livres à Verdun, Librairie Commercienne, Maison de la Presse à Saint-Mihiel, Librairie La Fabrique à Bar-le-Duc.

Sinon : Sur commande chez votre libraire, sur le réseau leslibraires.fr, sur Librinova et la plupart des sites de commande internet.

En version numérique : Téléchargeable immédiatement sur votre plateforme habituelle.

Fiction burlesque à l’écriture débridée. Ambiance à la «Ubu roi» dans laquelle les habitants d’une petite république sont confrontés aux situations inattendues et tragiques d’un univers qui bascule. Ils s’y révèlent capables du meilleur comme du pire. Derrière la métaphore, le récit évoque les travers d’une humanité fragile. Les enchaînements tragiques qui jalonnent son histoire depuis la nuit des temps nous guettent encore aujourd’hui.

NE PAS HÉSITER À PARTAGER AUPRÈS DE VOS AMIS !!!

Dénonciations

On recrutait des forçats pour les travaux. Le jeu était simple : un nom, une prime … gagné ! Et ça dénonçait à tour de bras.

On était indulgent. Comme tout le monde n’était pas criminel, on abaissait le niveau. En cherchant bien, on trouvait toujours un petit quelque chose à reprocher. Les kollabos s’occupaient du reste et convoyaient les perdants vers les centres d’accueil. Les cellules, remises en état à coups de balai après l’attaque de janvier, avaient augmenté leurs capacités. Et on en construisait d’autres dans les sous-sols et les galeries.

Dugommier était inquiet. Combien de temps pourrait-il cacher ses amis ? Les déplacements étaient épiés, les conversations déformées par des oreilles indiscrètes qui trouvaient les bonnes combines et triplaient la mise.

On trichait, on réglait de vieux comptes au passage. Tout était bien huilé. Les confidences avaient la franchise postale et pour les mains sincères qui rechignaient à tacher le papier, Rognos avait fait installer des confessionnaux dans les quartiers. Les anonymes étaient à l’aise, ils chuchotaient dans un trou percé dans la pierre à l’ombre d’une encoignure discrète. De l’autre côté, trou d’oreille contre trou du mur, un croupier à l’écoute bienveillante enregistrait la douce confession. Et c’était tout. Le repentant soulagé repartait l’âme légère. Le seul regret était d’avoir perdu la prime, mais c’était partie remise.

« Avec un peu de chance, tout ira bien » ©Denys de Jovilliers

Sortie du roman le 28 avril 2020

Illustration : Pixabay.com

La revanche

La belle plume de paon piquée dans son passe montagne ce jour-là n’y fit rien. Au lieu d’une campagne glorieuse, le général n’eut droit qu’à une minable échauffourée qui le laissa seul sur un champ de bataille déserté. Le nez rouge, il s’ennuyait en se mouchant souvent.

Il jetait ses boules de neige au hasard sur un ennemi imaginaire lorsque l’une d’elles échoua sur une poubelle. Une de celles qui avaient failli l’engloutir lors de sa glissade ridicule. Son regard s’illumina. Il n’y avait personne, il tenait sa revanche.

Il s’en approcha tout près et la disloqua à coups d’énormes boules de neige en laissant les entrailles se répandre sur la place. Au début s’échappèrent des contenus insignifiants aux émanations légères, du linge sale résistant aux lessives familiales, des roses piétinées, des emballages suspects, des contrefaçons maladroites, des escroqueries de tous les jours, les restes d’un repas indigeste servi à de faux amis.

Puis ressurgirent des secrets inavouables, vomis dans une puanteur qui aurait fait défaillir le Président s’il n’avait été enrhumé, des dents cariées pour avoir trop mordu, des maladies vénériennes, des couches adultérines, des membres amputés, et même un vieux papi devenu inutile. Et tout au fond, enfouis sous une escalope putréfiée, il reconnut les pêchés capitaux qui s’évadèrent un à un sous les coups de boutoir des boules de neige immaculées. Soulagé et fier de son exploit, il retrouva le sourire et la goutte au nez qu’il garda durant les deux derniers jours de sa présidence.

« Avec un peu de chance, tout ira bien » ©Denys de Jovilliers

Sortie prévue le 28 avril 2020. Illustration Pixabay.com

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer